Retour Argentine

Nous arrivons au Pérou par la petite frontière de montagne « Macara » vers 16h30. Le contrôle de police se passe bien puisque l’agent en faction nous demande de l’aider à rentrer sur sa messagerie hotmail car il ne connait pas l’ordinateur à son service et il veut envoyer un message. Il nous tamponne les passeports vite fait bien fait et retourne donc à son message. A la douane, juste en face, comme c’est jour ‘de fête’ il n’y a pas l’agent qui édite le « laisser passer « des véhicules étrangers et dès lors les choses se compliquent. Malgré la meilleure volonté des personnes présentes, aucune n’arrive à trouver le bon code pour notre camping-car. La nuit étant tombée, nous proposons alors, à leur grand soulagement, de dormir devant le poste de frontière et de finaliser les documents le lendemain matin. Le code sera enfin ‘trouvé’ après maintes appels et nous quitterons la frontière à 10 h avec les signes amicaux de tout le poste de police. C’était marrant.

Nous reprenons la même route qu’à l aller qui longe toute la côte Pacifique, puisqu’ il n’y a que celle là d’asphaltée sur toute la longueur, soit environ 3000 kilomètres. Nous retraversons les zones totalement désertiques, puis les oasis cultivées. Les vendages sont commencées, les champs d’asperges sont soigneusement travaillés, les rizières sulfatées, les piments ramassés (etc) ; ici, tout se travaille à la main et ce sont des centaines d’hommes, de femmes et même d’enfants qui s’agitent sous un soleil de plomb pour gagner très durement leur vie.

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En bord de l’océan, ce sont aussi des scènes de difficiles labeurs : pas de machine ni de mise à l’eau, les bateaux sont poussés sur des rondins de bois par des hommes qui se protègent le dos avec de simples écharpes. Ils partent ensuite, affronter les grosses vagues et s’éloignent de la côte pour jeter palangres et filets avant de réapparaître le lendemain, attendus par tout le village. Les plus riches achètent d’abord le premier choix puis les autres offrent leur service pour nettoyer, pousser, tirer (etc) afin de repartir avec du poisson.

Nous prenons aussi un peu plus de temps qu’à l aller pour regarder les pêcheurs des « caballitos de tortoras » qui passent la journée en mer et rentrent à la nuit tombée sur ces frêles embarcations de roseaux. Certains font de bonnes pêches mais la quantité n’égale pas celle des gros bateaux, aussi partent-ils tous les jours sur l’océan courageusement se battre contre les éléments.

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Et justement les éléments ; nous apprenons, par un vendeur d’eau au bord de la route, que le Japon a subit un grand séisme et le lendemain matin des panneaux lumineux nous informent d’une alerte de tsunami. Nous sommes engagés sur la panaméricaine et n’avons d’autre solution que celle de continuer. Sur cette portion de route, il n’y a que du désert, la mer et des maisonnettes par ci, par là mais aucune possibilité de joindre qui que ce soit. Nous traversons en plus une tempête de sable qui nous ralentit car des nuages de sable secouent le camping-car et s’agglutinent par endroit sur la route formant des obstacles (le filtre à air était bouché). Nous écoutons les radios locales et nous comprenons que le Pérou et le Chili risquent d’être touchés mais ils minimisent les risques encourus. Nous pensons à notre famille et savons bien qu’ils doivent s’inquiéter. Nous nous arrêtons au premier village rencontré et effectivement, notre messagerie est pleine d’informations, de demandes et de conseils ; Après les avoir rassuré nous reprenons rapidement la route afin de trouver un point un peu élevé : chose peu facile en bord de mer. Nous trouvons à la tombée de la nuit, un petit ‘bourg’ perché sur une colline qui surplombe l’océan et les habitants nous conseillent d’y rester pour passer la nuit en sécurité. Il n’y a pas d’électricité, tant et si bien que nous ne verrons pas la mer se retirer et la vague revenir (sans dépasser la côte d’alerte) ; le lendemain matin les gens nous ont raconté le mini tsunami et parlé d’un risque de nuage radioactif sur la même cote.

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Ces informations, nous ont dans l’immédiat, coupé l’envie de rester en bord de mer et de toute façon, à cause des grèves en France le départ du ‘Grande Brasil’ étant trop retardé pour que nous soyons de retour au 1er juin nous avons du changer de cargo. Nous embarquons le 5 avril sur le ‘Sao Paulo’, et nous avons encore de nombreux kilomètres à faire pour rejoindre Buenos Aires. Nous décidons de passer au Chili pour retourner au camping de Calama afin de nous y reposer.