Le lac Titicaca

Nous revenons à Puno afin de visiter le lac Titicaca avec Eric et Virginie mais ayant trouvé la première visite de ‘repérage’ trop touristique nous ‘négocions’ une autre solution avec Juan Del Puerto. Nous avons rencontré Juan sur le port et comme il habite sur l’une des 54 îles flottantes il organise un voyage « privé » pour nous 4 (120 Nuevos Soles : environ 30 euros pour 4).

Le lac Titicaca entouré de hauts sommets verdoyants est le plus haut lac navigable du monde (3810 mètres d’altitude) ; de ses 8340 m2, 60 % sont Péruvien et les autres 40 % Bolivien. L’origine des îles flottantes viendrait de l’époque Inca lorsque les indiens Uros, chassés de leurs terres se retirèrent sur le lac et construisirent les îles sur des blocs de racines de roseaux.

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Juan nous amène sur Sol Y Luna, l’île où il vit avec sa famille : son frère et sa propre famille, leur maman, sa femme et leurs 5 enfants. Il nous explique la construction du support de chaque île (en racines de roseaux dont une grande partie immergée et l’autre flottante d’environ 2,5 mètres de hauteur), fixé ensuite à l’aide de poteaux en eucalyptus, puis l’utilisation des tiges de roseaux (Totora) pour celle des huttes, des maisonnettes, des embarcations et même des meubles. Il nous raconte aussi la migration du peuple Uros depuis le côté Bolivien jusqu’aux abords de Puno où le lac était plus fourni en roseaux et relate la vie de cette population qui à l’origine vivait uniquement de la pêche.

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Aujourd’hui, les îles flottantes sont tournées essentiellement vers le tourisme et fonctionnent en système collectif où tous les bénéfices sont répartis selon les besoins des habitants ; environ 2500 personnes habitent sur « les Uros », vivent de l’eau du lac, produisent l’électricité grâce à des batteries, (quelques uns plus rares possèdent des panneaux solaires ou des éoliennes) mais tous fabriquent des objets artisanaux, cultivent la pomme de terre, produisent des œufs, des canards, des haricots, apportent leur pêche afin de faire perdurer cette tradition communautaire.

Un vrai bonheur de découvrir cette île authentique, de marcher sur le sol souple et d’entendre le craquement des roseaux, d’admirer les habits traditionnels aux teintes vives des femmes souriantes, d’apprécier l’hospitalité sans limite de ces gens simples et avenants, de sentir des enfants heureux simplement de recevoir des visiteurs, de voir leur vie si dure et pourtant si paisible.