Jusqu’à la frontière du Pérou

La route qui quitte Calama en direction du nord, chemine un long moment entre des terrils grands comme des montagnes et l’on aperçoit les gros engins qui remontent le minerai de cuivre du trou gigantesque creusé dans le désert (4,5 km X 3,5 km X 850 m de profondeur) et surtout la poussière qui se soulève autour de cet immense chantier à ciel ouvert. Elle traverse ensuite le désert bordé d’un côté par des montagnes pelées et de l’autre par le sable et les rochers découpés jusqu’à l’océan pacifique. De touts petits villages côtiers vivent pourtant dans ces paysages désolés, certainement de la pêche ; un camion les ravitaille en eau potable et quelques panneaux solaires ou encore de petites éoliennes fournissent l’électricité. Nous passerons une nuit dans l’un de ces endroits qui semblent oubliés du reste du monde et y serons accueillis cordialement.

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Après cette sérénité et cette modestie nous serons stupéfaits en atteignant la ville tentaculaire d’Iquique. Casino, publicité abondante et farfelue, grands immeubles, nombreux marchands, parapentes partout dans le ciel, trafic routier intense et bruyant, belles constructions et baraquements misérables confondus, allée arborée et grandiose sur le front de mer, le tout dominé par une surprenante et grandiose dune de sable blond…Bref, trop pour nous, après la quiétude ; bien que sachant qu’il y a une zone franche dans le centre ville nous décidons très vite de partir de « ce tumulte » pour rejoindre Humberstone, notre prochaine étape.

Après Humberstone, nous avons découverts des paysages désertiques aux superbes couleurs et la vie foisonnante au fond des canyons ; une multitude de maisonnettes dont les habitants pratiquent l’élevage et la culture en bordure des rivières mais au milieu du désert, c’est surprenant. Nous nous arrêtons à la dernière ville chilienne avant la frontière, Arica. Grâce à Jean Jacques et Martine nous ne galérons pas car ils nous avaient indiqué « un squat » devant le club nautique. Nous nous installons, sympathisons avec le gardien du club qui nous assure de sa vigilance, et du coup nous allons au restaurant où nous faisons un super repas en bordure de l’océan.

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Le lendemain, nous achetons les formulaires de transit de passagers et de véhicule nécessaires pour passer la frontière péruvienne dans une épicerie à la sortie de la ville ; nous mettrons une 1 h 30 pour passer la frontière et il parait que c’est un record (en moyenne il faut 4 heures). Pour l’anecdote après les formalités policières, il faut pour se présenter à la douane, faire tamponner le formulaire ‘véhicule’ par 3 autres agents que l’on doit chercher parmi les nombreuses personnes présentes sur les lieux (encore plus difficile lorsqu’ on ne parle pas l’espagnol). Lorsque l’on trouve le premier agent, il appose son tampon sur le papier qu’on lui montre sans poser aucune question ni regarder le véhicule et puis on part à la recherche du deuxième (même scénario) et du troisième (qui fait exactement pareil) …Remake de la maison des fous dans Les douze travaux d’Astérix ?

Ouf, nous rentrons au Pérou pour le 1er de l’an 2011.