Piste 40

Nous reprenons la route 40 ou plutôt la piste devrais-je dire car il ne reste plus beaucoup d’asphalte sur cette nationale où parfois il faut même traverser des rivières ; nous empruntons un petit col entre Puerto Alegre et Chilecito qui mérite tous les honneurs tant les paysages y sont magnifiques. La piste montagneuse et sinueuse qui atteint un peu plus de 2000 mètres, expose un panorama merveilleux de montagnes tantôt vertes, ocres, blanches, grises et rouges, couvertes de cactus et autres plantes grasses fleuries, d’arbustes et de végétation aux tons verts lumineux dominant un canyon profond où serpente le rio Miranda. Vraiment sublime, toutes ces couleurs qu’on en oublie l’état de la chaussée. On croise Vincent et Bertold, qui eux aussi se régalent d’autant qu’il souffle un petit vent frais très agréable.

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Nous finirons la balade à San Florentina à la sortie de Chilecito dans le site d’une ancienne mine de chercheurs d’or où nous passerons deux nuits seuls parmi les perroquets criards avant de repartir vers Salta où nous croiserons une nouvelle fois nos deux cyclistes entre Pituil et San Blas. La nationale 40 redevient asphaltée mais « défoncée » pour longer la route des vins où nous ferons une nouvelle halte dans le camping de Cafayate afin de goûter le vin blanc de Torrontes réputé le meilleur du pays avec une excellente parilla !

Nous sommes à 1660 mètres et pourtant il fait très chaud ici dans la vallée. Nous faisons la connaissance de Martine et Jean Jacques, deux sympathiques savoyards avec lesquels nous partagerons un repas et plein d’informations puisque nous faisons la route quasiment en sens inverse.

La nationale 68 qui mène à Salta offre de beaux paysages et nous prenons le temps de faire de nombreuses haltes : promenades dans les montagnes qui surplombent la vallée aride, ou dans les formations rocheuses dont les couleurs sont extraordinaires, un arrêt aussi devant des centaines de nids de perroquets où nous avons écouté leurs cris spéciaux ou devant les arbres »bouteilles », les poivriers (Merci à Martine et Jean Jacques pour leurs descriptions car nous ignorions que le poivrier était un aussi grand arbre et nous serions donc passés à côté sans le voir).

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Arrivée en soirée à Salta, nous marchons dans les rues où il reste quelques demeures coloniales, des balcons en bois, des grilles en fer forgée travaillées, des charmants patios mais la température est étouffante et comme nous devons y repasser au retour nous décidons de quitter la ville très animée pour longer la 34, dite ‘route de la corniche’ ; c’est une petite route étroite qui sillonne en suivant le cours d’une rivière où il semble qu’une grande partie de la population de Salta vient se rafraîchir. Elle monte ensuite en lacets et traverse une forêt étonnante d’arbres immenses dont on ignore le nom mais sur lesquels poussent des plantes grasses, s’enroulent des lianes, retombent des fougères (arbres tropicaux ?) et des touffes d’herbes de pampa où désormais les plumets sont ouverts. Magnifique. Nous trouverons, juste en bas du col, un petit camping municipal tout près d’un barrage à 8 pesos la nuit électricité comprise, où l’on a bien cru ne pas pouvoir s’endormir tant les chants des cigales y étaient stridents.

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Le lendemain, nous avons emprunté l’itinéraire conseillé par nos deux amis savoyards où l’on passe la ligne de MON tropique du Capricorne : un aller retour d’environ 160 km depuis San Salvador de Jujuy à travers à nouveau un site sensationnel où les couleurs sont magiques. Le rio Grande à cette époque de l’année coule en un filet d’eau limpide qui serpente à travers la Quebrada Humahuaca. On a apprécié les paysages majestueux, le panel de teintes qui colore les paysages, les diverses cultures obtenues à l’aide des méthodes traditionnelles, les nombreuses maisonnettes en pisé avec leur réserve d’eau, leur four extérieur, les villages typiques d’Humahuaca et de Tilcara, les premières ruines Inca dans cette région peuplée essentiellement d’Indiens et où perdurent les traditions (costumes, fêtes), l’accueil chaleureux des habitants dans des endroits si isolés et où la vie est très rude ; une ballade dans le temps, un côté authentique, une sérénité naturelle.

Nous passons la nuit à 2650 mètres, car le prochain passage de la frontière est 4230 m, il faut progressivement s’adapter à l’altitude. On s’est acheté des feuilles de Coca interdites par la loi mais conseillées par tous pour éviter le mal des montagnes. Rassurez-vous nous n’en apprécions pas le goût !