Les vallées de la Lune et de Talampaya

Nous reprenons la route 40 et bifurquons sur la 141 pour rejoindre le « Lourdes Argentin », L’Oratorio de la Difunta Correa. Lieu de culte où l’on aurait retrouvé la mère morte avec son enfant tétant encore son sein. Des milliers de pèlerins argentins et de tout le continent américain viennent ici faire une prière, accrocher une photo, un objet (parfois très insolite), un message, un remerciement, etc . Les camionneurs y ont déposé des centaines de plaques d’immatriculation, des pièces mécaniques (est-ce parce qu’ils conduisent inconsciemment) ; Une ferveur populaire intense et touchante, qui symbolise la force de l’espoir.

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Comme nous souffrons de la chaleur, nous consultons carte et guides afin de trouver un coin aux températures « tolérables » et décidons de passer par San Augustin de Valle Fertil. Aux environs des parcs ‘désertiques’ ce petit havre de verdure semble incongru mais ici la nature est tellement variée que cela n’a rien d’étonnant. Nous nous installons dans un camping à l’ombre des eucalyptus et avons l’heureuse surprise de retrouver Noémie et Valentin, les deux jeunes stoppeurs que nous avions pris au début de notre périple avant d’aller à Punto Tombo. Comme nous allons au même endroit, nous décidons de faire ensembles la route jusqu’à « La vallée de la lune » le lendemain matin. Peu après notre réveil, Vincent, un jeune Belge vient demander à Michel la possibilité de l’amener avec son copain Hollandais Bertold jusqu’au parc Ischigualasto avec leurs deux vélos et leur matériel !!! Le camping-car sera hyper chargé mais devant la chaleur accablante qui s’annonce nous acceptons de les amener aussi. Nous sommes donc 6 dans le camion avec les vélos sur le toit et tous les sacs à dos dans la cellule ! Cependant, on ne regrette pas ; ce sont des rencontres extraordinaires, celles qui ne s’oublient pas et qui laissent des souvenirs merveilleux.
Ce parc, au nom imprononçable qui abrite la vallée de la lune « Terre sans vie » en quechua se visite en convoi accompagné d’un guide dans le 1er véhicule mais à l’accueil on nous informe que le chemin est chaotique et que certains endroits à passer sont très difficiles voire impossible ; Vincent va demander aux véhicules qui attendent pour la visite de nous prendre et trouve deux voitures qui acceptent chacune 3 passagers. La visite dure environ 3 heures et comporte 5 arrêts commentés par le guide. On avance entre une chaîne de montagne et une barre rocheuse rouge dans un paysage de plus en plus désert où résiste une rare végétation de caroubiers et cactus à travers des formations abracadabrantes, des fossiles végétale et animale. Le ruissèlement des eaux, les dépôts successifs de sédiments de glaise, de cendres volcaniques, de pierres friables rouges ont donné des formes et des couleurs surnaturelles.

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Mais, il fut un temps où vivaient effectivement ici, des dinosaures et leurs proies, un temps aussi où l’eau coulait en abondance dans une végétation luxuriante ; mais c’était avant l’apparition des Andes, avant le grand choc des plaques tectoniques, avant le bouleversement climatique. Au retour, tous épuisés par les 42° de température et rouges de coups de soleil, nous avons visités le petit musée où sont exposés les fossiles de dinosaures et les photos de leur extraction par les paléontologues.
Vincent et Bertold ont préféré « remonter » les vélos sur le camping-car et nous accompagner jusqu’au parc de Talampaya qu’ils avaient déjà visité afin de remonter en scelle dans la soirée pour continuer leur ascension vers le nord. Nous sommes donc repartis tous les 6 et le chargement complet jusqu’au parking/camping à l’entrée du parc. Le vent bien que chaud a été le bienvenu et nos deux cyclistes nous ont quittés en pédalant après la photo de groupe et les échanges de messageries. A bientôt, vous deux ; nos itinéraires se croiseront certainement encore et ce sera avec plaisir.

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Le soir, nous avons passé une excellente soirée avec Noémie et Valentin avant de nous retrouver le lendemain matin dans le mini bus du parc qui transporte les visiteurs. Une ballade spectaculaire dans un canyon de grés rouge qui présente une faille énorme de chaque côté des falaises, des formes impressionnantes de cathédrales, d’orgues, des cheminées géantes qui font ‘caisse de résonnance’, des formations rocheuses qui ressemblent bizarrement à des animaux, à des moines, ou à tout ce que l’imagination peut nous soumettre ; au cours de la promenade on admire aussi des pétroglyphes et des mortiers aborigènes, la végétation qui subsiste malgré les température élevé mais qui prouve que l’eau est encore présente en dessous, les nids des condors dans les immenses falaises (j’ai pas encore pu photographier un condors mais j’ai vu les fientes sur la falaise !), et quelques lièvres de Patagonie qui regardent tranquillement passer le véhicule. Magnifique. Au retour, 6 ou 7 petits renards quémandaient de la nourriture sur le parking. Bien que « sauvages » et peureux ils n’hésitent pas à s’approcher des hommes et à manger du pain. Il est vrai que ceux là particulièrement ne vivent pas dans un endroit ‘achalandé’.

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Voilà, c’est le moment de quitter Noémie et Valentin qui vont désormais vers la côte Pacifique tandis que nous continuons notre montée vers Salta. Mais nous sommes convaincus de les revoir bientôt ou au moins d’avoir de leurs nouvelles par notre copain Gmail.