La côte Pacifique

Nous quittons Cobquecura pour longer la côte Pacifique.
La route s’arrête momentanément et laisse place à une vingtaine de kilomètre de piste « toboggan » ultra poussiéreuse qui traverse des paysages reposants de campagne où se cultivent les papayes et les pommes de terre, s’élèvent vaches, moutons, cochons mais tout juste au bord de l’océan ; tout le long de la côte, la mer n’est pas beaucoup exploitée, quelques pêcheurs avec leurs longues barques qui se risquent par ci, par là, pour ramener plus de crabes que de poissons … des surfeurs profitant des belles vagues mais pas de « complexes touristiques », de restaurants à profusion, de commerces ni de constructions à outrance ; les gens vivent chez eux, tout simplement même en bordure des sites somptueux que borde le Pacifique.
En tout cas, c’est la première impression que nous avons eu en découvrant cette région magnifique. Car, sans le savoir, nous avons emprunté la route côtière entre Conception et Constitution où le dernier séisme de début 2010 (février/mars) a semé la dévastation car très peu de constructions même récentes, répondent aux normes antisismiques. Ce n’est que lorsqu’on rentre dans les villages qu’on découvre une multitude de ruines, des maisons fendues, des façades lézardées, des toits arrachés, des restes de chapes, des routes éclatées ou totalement coupées.

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Le tremblement de terre, les fortes répliques, le tsunami qui a suivi, ont occasionnés des dégâts immenses qui encore aujourd’hui restent considérables. Beaucoup de chantiers mais avec les moyens du bord, des familles relogées dans des grandes tentes ou des chalets de bois couverts de bâches plastifiées, des plages inondées de planches, d’épaves de bateaux, de filets, de résidus de toutes sortes témoignent de la violence de l’événement. Nous sommes presque 9 mois après et pourtant nombreux sont ceux qui encore aujourd’hui pleurent leurs disparus, luttent pour leur survie, reconstruisent leur vie en sachant sciemment qu’il plane en permanence au Chili, la menace de nouveaux séismes.

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Nous avons passé une nuit dans le minuscule « port » de Pellines dans la zone fortement atteinte par le tsunami et nous avons été touchés par le fatalisme de ses habitants, leur extrême gentillesse et l’entraide qu’ils se prêtent mutuellement. Les pêcheurs partent tôt le matin sur de grandes embarcations qu’ils poussent dans les vagues et en fin d’après midi ils remontent sur la plage( tirés par un tracteur) pour trier leurs filets, les femmes font sécher les poissons en les pendant au soleil, les enfants jouent au milieu des décombres et parmi les croix commémoratives qui rappellent que certains ont perdu la vie, les chiens, les oiseaux de proie, les mouettes et les pélicans cherchent leur nourriture : et la vie ici, continue doucement son cours.

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Ainsi, en continuant notre montée vers Valparaiso, nous avons pu regarder les surfeurs devant la plage de Pichilemu, station balnéaire très prisée des chiliens et passer des heures matin et soir, à observer les mises à l’eau des barques de pêches et les retours spectaculaires où les embarcations viennent s’échouer volontairement sur le sable. Un peu plus loin, la petite ville de San Antonio, nous a offert l’occasion de contempler les pélicans à l’affut de proies faciles et une colonie de lions de mer qui mendie derrière le marché aux poissons.

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A Quintay, merveilleuse petite crique aux maisons colorées accrochées aux pans de la montagne, nous avons visité la fondation de protection des baleines installée sur les lieux mêmes où il a peu de temps encore on les massacrait par milliers pour en extraire essentiellement l’huile.

En vrac :

Pour se rendre dans la crique de Quintay nous avons emprunté « une descente » tellement abrupte qu’une fois en bas on a eu peur de ne pas pouvoir la remonter. Le gardien des lieux nous a accueilli en levant les bras au ciel et en nous disant avec humour que l’aéroport était à Santiago ! Il n’avait jamais vu un camping-car dans la crique. Le Chili est un pays tout en longueur entre Pacifique et Cordillère des Andes si bien qu’en quelques kilomètres les paysages peuvent changer du tout au tout Le peuple chilien cultive l’hospitalité et la prévenance envers ses visiteurs.
Les cactus sont immenses et actuellement en fleur, nous allons vous envoyer une sélection de différentes races de plantes grasses (pas toutes, c’est impossible) qui existent ici car elles sont superbes.
Quelques prix qui vont vous faire ‘rêver’ : le pain (très bon au Chili) entre 15 et 25 centimes d’euro suivant la grosseur ; nous avons trouvé les pommes de terre à 1euro les 10 kg, les tomates à 40 centimes d’euro, le vin (excellent !) moins d’un euro le litre, un steak haché 50 centimes d’euro…bref, ça fait moins peur quand on fait les courses !
La mayonnaise, les confitures, les sauces tomates ….sont fréquemment vendues en sachets
La bise se fait sur une joue
Les fêtes se préparent ici aussi….ça nous fait drôle de voir le père Noël vêtu avec son habit traditionnel alors qu’ici c’est l’été…On ignore si dans la chanson chilienne il lui conseille de se déshabiller avant de venir.