dimanche 6 février 2011

Pucusana - Lima

Les paysages changent et nous découvrons désormais dans les oasis des champs de coton, des bananiers, des manguiers (etc).

Nous sommes presque déjà au terme des 15 jours en compagnie de notre fils et de notre belle fille. Nous avons beaucoup bougé et le temps a passé trop vite. Nous voulions passer une nuit à Lima dans le parking d’un hôtel recommandé sur les sites des autres voyageurs mais lorsque nous sommes arrivés il n’y avait plus de place. Nous chercherons toute la matinée un endroit pour stationner le camping car mais Lima est une ville dangereuse et tous les accès sont sécurisés par des grilles, des fils électriques ou autres à hauteur de 2 mètres donc malgré la bonne volonté de certains habitants on ne peut pas rentrer !

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On décide donc de revenir vers la banlieue et partons pour Pucusana, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. Endroit tranquille à côté des embouteillages et du bruit de Lima, il y règne pourtant une animation époustouflante. C’est un petit port « typique » aux embarcations de pêche colorées, avec des barques ‘taxi’, une grande criée, des commerces ambulants, un marché couvert et d’excellents restaurants. Les garçons partiront à la pêche avec un habitant du village sous les regards attentifs des pélicans et des phoques.

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Voilà, c’est fini. Eric et Virginie reprennent l’avion ce soir vers 19 heures et afin de ne pas rester bloqués dans la circulation nous passons la capitale et avec l’aide d’un policier local, appelons un taxi qui les amènera jusqu’à l’aéroport.

En vrac :

Depuis que nous sommes redescendus en dessous des 3000 mètres, le camping car a retrouvé toutes ses « facultés » : le moteur ne fume plus, le frigo, le cumulus fonctionnent normalement. Vu la température, on n a pas essayé le chauffage !

Quelques prix défiant toute concurrence : on mange au restaurant pour 5 soles (soit 1,25 € : salade, viande et riz ou pommes de terre)/au marché une botte de radis = 0.50 sole soit 0.12 centimes d’euro / un kilo de tomates = 1 sole soit 0.24 € / la viande varie entre 2.5 et 4 euros le kilo (porc, poulet, bœuf, agneau)/au bar : 2 jus de fruits (servi ½ litre par personne), un café et un coca = 7 soles (1,75 euro)/une course en taxi = 3 soles soit 0.75€.

samedi 5 février 2011

Nazca - Paracas

Nous sommes en été mais le climat péruvien est très différent d’une région à l’autre. Le matin, en bordure du Pacifique, la Garûa, une brume très humide et épaisse qui monte de l’océan, forme une chape blanche qui recouvre le paysage ; l’air déjà chaud devient si étouffant qu’on regrette presque les pluies des hautes altitudes. Lorsque ce rideau de nuage se lève, il laisse place à un chaud soleil que rend supportable la brise océane mais les coups de soleil s’attrapent à la vitesse grand V.

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Nous nous imaginions les lignes de Nazca dans une région montagneuse et non pas dans cet immense plateau aride, zone désertique et triste. On nous a fortement déconseillé d’utiliser les petits Cesnas qui survolent rapidement la zone (à 220 km/h) en invoquant de nombreux accidents et en stipulant qu’il était très difficile de réussir les photos à cette vitesse et à travers les hublots. En outre, les prix étant exagérés pour ces mini tours de manège, nous nous sommes donc rendus au mirador qui se situe sur la route Panaméricaine afin d’apercevoir une main, un arbre et un lézard (coupé par la route). Ces dessins sont tracés dans le sable comme des sillons, pas très profonds. D’un peu plus loin, on peut voir des lignes rectilignes du même acabit qui se chevauchent. Aucune explication « concrète » : des hypothèses différentes du genre dessins d’extra terrestres, calendrier astronomique, tracé hydraulique ou autre ? Ces énormes figures géométriques sont inscrites au Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis décembre 1994 mais disparaissent petit à petit à cause de l’érosion et des modifications climatiques.

Honnêtement, nous n’avons pas trouvé ça extraordinaire !

Nous nous sommes ensuite rendus à la réserve Nationale de Paracas : océan Pacifique à perte de vue et belles plages de sable blanc ; le lieu idéal pour les promenades et tenter une petite plongée et une partie de pêche : pour l’anecdote un pêcheur local voyant leur nasse vide, a offert à Eric et Michel une belle bonite (un régal).

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Du petit port de pêche sympathique partent de nombreuses excursions pour les îles Ballestas. Eric et Virginie on pu admirer des milliers d’oiseaux (pélicans, pétrels, flamants tricolores, fous blancs (etc)), des pingouins de Humboldt, et des phoques en totale liberté et dans un site fantastique. Du large, ils ont vu le « candélabre » géant tracé sur une falaise ; il sert de point de repère aux navigateurs des mers australes et se trouve sur le même axe directionnel que les lignes de Nazca (on sait toujours pas pourquoi !).

Notre route passant par Pisco, du nom du célèbre apéritif national, nous y faisons une halte pour le ravitaillement et les commodités. Après les kilomètres de paysages désertiques, la vision de la ville la plus sinistrée lors du tremblement de terre du 15 aout 2007 est désolante. Partout des ruines, des abris de fortune, des chantiers de démolition ou de restauration ... Tous les gens avec qui on discute nous parlent de la catastrophe, nous montrent les dégâts, les monticules de gravats, l’église détruite... A Pisco, il y a eu 800 morts en 3 minutes dont 160 personnes qui assistaient à la messe. Le traumatisme est encore à fleur de peau mais la vie continue, aussi animée qu’elle peut l’être dans les villes péruviennes.

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Que ce soit au Chili ou ici, nous sommes toujours stupéfaits devant, l’acceptation, la volonté, la solidarité, la résignation de ces populations qui vivent en permanence dans ces zones sismiques à hauts risques.

Nous continuons notre chemin vers le nord en passant par la citadelle Inca de Tambo Colorado, le site le mieux conservé de la côte péruvienne. Là, encore une surprise nous y attend. Le guide des lieux, nous déconseille de dormir sur le parking et nous invite à nous installer juste devant chez lui.

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Nous le suivons donc, et découvrons sa petite ferme où il vit avec père, femme, et enfants. La vie en toute simplicité : une vache, trois ou quatre chèvres, un cochon, un potager, seuls au milieu de nulle part mais en bordure d’un site Inca et face au rio Pisco dominé par les montagnes verdoyantes. Un moment inoubliable.

mercredi 2 février 2011

Colca

Nous passons quelques jours à Puno profitant de la sécurité du camping car pour nous promener ensembles dans le grand marché de la ville. Les étals de fruits multicolores, de légumes de toutes sortes, des montagnes de pommes de terre, des épices odorants, des rayons de poissons bien alignés (mais sans glace), des viandes en plein air, des produits sanitaires, des vêtements, des pains artisanaux, des souvenirs, des restaurants ambulants, il y a TOUT sur le marché de Puno ! Les odeurs, les couleurs, le bruit, l’ambiance, font de chaque visite un moment extraordinaire. De plus, les Péruviens sont très festifs et nous assistons souvent à des animations de rues, fanfares et danses locales très agréables à regarder.

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Nous continuons vers Chivay à travers des paysages austères où paissent des troupeaux d’alpagas et de lamas. La saison des pluies s’est installée et nous aurons dans cette région des trombes d’eau qui voilent la visibilité des cimes montagneuses et des hauts volcans. L’humidité et la fraîcheur, ne nous empêcherons pas d’aller nous baigner dans les thermes aux eaux médicinales (rhumatismes, arthrite (etc)) dans une eau à plus de 39° ! Un vrai régal avant d’affronter la piste cahoteuse qui traverse le canyon de Colca.

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Le col dominé par de très hautes montagnes, serpente le long de la vallée parmi des centaines de jardins pastoraux étagés parfois très difficiles d’accès. Le chemin étroit monte dans des paysages superbes jusqu’au sommet en offrant des points de vue« a couper le souffle » sur le grandiose canyon. Après avoir passé la nuit à Cabanaconde, petit village typique surplombant le canyon de Colca, nous passerons la matinée à La Cruz del Condor à attendre le passage de l’oiseau sacrée des Andes. De nombreux touristes viennent ici, accompagnés par les agences afin de tenter d’en apercevoir un, et en ce matin brumeux, tous tenus par l’horaire, ils repartiront « bredouilles ».

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Quant à nous, notre patiente a été récompensée : Vers 11 heures, alors qu’il ne restait plus que nous sur le site, les nuages se sont enfin dissipés, et un condor est venu jouer dans les courants d’air chauds puis a tournoyé au dessus de nos têtes pendant une dizaine de minutes. Magnifique.

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mardi 1 février 2011

Le lac Titicaca

Nous revenons à Puno afin de visiter le lac Titicaca avec Eric et Virginie mais ayant trouvé la première visite de ‘repérage’ trop touristique nous ‘négocions’ une autre solution avec Juan Del Puerto. Nous avons rencontré Juan sur le port et comme il habite sur l’une des 54 îles flottantes il organise un voyage « privé » pour nous 4 (120 Nuevos Soles : environ 30 euros pour 4).

Le lac Titicaca entouré de hauts sommets verdoyants est le plus haut lac navigable du monde (3810 mètres d’altitude) ; de ses 8340 m2, 60 % sont Péruvien et les autres 40 % Bolivien. L’origine des îles flottantes viendrait de l’époque Inca lorsque les indiens Uros, chassés de leurs terres se retirèrent sur le lac et construisirent les îles sur des blocs de racines de roseaux.

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Juan nous amène sur Sol Y Luna, l’île où il vit avec sa famille : son frère et sa propre famille, leur maman, sa femme et leurs 5 enfants. Il nous explique la construction du support de chaque île (en racines de roseaux dont une grande partie immergée et l’autre flottante d’environ 2,5 mètres de hauteur), fixé ensuite à l’aide de poteaux en eucalyptus, puis l’utilisation des tiges de roseaux (Totora) pour celle des huttes, des maisonnettes, des embarcations et même des meubles. Il nous raconte aussi la migration du peuple Uros depuis le côté Bolivien jusqu’aux abords de Puno où le lac était plus fourni en roseaux et relate la vie de cette population qui à l’origine vivait uniquement de la pêche.

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Aujourd’hui, les îles flottantes sont tournées essentiellement vers le tourisme et fonctionnent en système collectif où tous les bénéfices sont répartis selon les besoins des habitants ; environ 2500 personnes habitent sur « les Uros », vivent de l’eau du lac, produisent l’électricité grâce à des batteries, (quelques uns plus rares possèdent des panneaux solaires ou des éoliennes) mais tous fabriquent des objets artisanaux, cultivent la pomme de terre, produisent des œufs, des canards, des haricots, apportent leur pêche afin de faire perdurer cette tradition communautaire.

Un vrai bonheur de découvrir cette île authentique, de marcher sur le sol souple et d’entendre le craquement des roseaux, d’admirer les habits traditionnels aux teintes vives des femmes souriantes, d’apprécier l’hospitalité sans limite de ces gens simples et avenants, de sentir des enfants heureux simplement de recevoir des visiteurs, de voir leur vie si dure et pourtant si paisible.

vendredi 28 janvier 2011

Machu Picchu

A notre grand bonheur, Eric et Virginie débarquent mercredi 19 à l’aéroport de Cuzco. Quelle joie que de les retrouver et de pouvoir partager avec eux quelques jours de découverte à travers ce pays extraordinaire.

Après un premier jour consacré à la visite de la ville où nous les avons conduits dans les principaux sites et dans les marchés typiques où règne une animation constante, nous avons rejoint le camping pour une bonne nuit de sommeil car le départ pour le site du Machu Picchu est prévu à 3 h 45 le lendemain matin.

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La nuit fut donc relativement courte mais le jeudi matin nous sommes tout heureux de nous rendre sur le plus beau sanctuaire historique Inca d’Amérique du Sud. Pour l’atteindre, une heure et demie de taxi qui nous dépose à Ollantaytambo, petit village au fond de la vallée sacrée où coule le tumultueux rio Urubamba. De là, on embarque dans le train le plus cher du monde, le « Pérurail » (68 dollars A/R) qui nous amène en 1 h 30 jusqu’à Aguas Calientes à travers des paysages sublimes où l’on aperçoit le chemin que les Incas utilisés pour éviter les occupants Espagnols. Un dernier bus nous conduit à l’entrée du site vers 8 heures.

C’est une grande émotion que de pénétrer dans ce lieu mythique : ‘la cité perdue’ au milieu d’un écrin de montagnes est une véritable splendeur. Il faut beaucoup marcher pour atteindre la montagne Machu Picchu d’où l’on peut admirer le site entier mais nos efforts sont récompensés devant la vue spectaculaire de la ville morte.

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Cette ville était-elle la dernière capitale Inca ? La résidence d’un empereur ? Un temple dont le culte était consacrée au soleil ou autre ? A ce jour, les archéologues ne connaissent pas encore ce secret. Il se dit que les Incas l’auraient abandonné afin de fuir les envahisseurs espagnols qui pourtant ne découvrirent jamais le site. Il fut ainsi oublié jusqu’à sa découverte en 1911 par un explorateur américain Hiram Bingham ; en 1983, il fut classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco et déclaré l’une des 7 Merveilles du Monde en 2007.

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La cité présente deux zones très distinctes : l’une agricole aux terrasses superposées dont l’ingénieux système d’irrigation alimente les canalisations empierrées et l’autre urbaine avec les ruines des habitations, des temples (soleil et lune), les portes d’accès à la ville, les escaliers taillés dans la roche, les différents quartiers (etc). Aujourd’hui, chacun avance des hypothèses différentes sur le passé de ce lieu mythique mais on imagine facilement la vie effervescente qui y régnait.

dimanche 23 janvier 2011

Cuzco

En attendant Eric et Virginie, nous nous sommes installés dans le seul et unique camping sur les hauteurs de Cuzco, le Quinta Lala. Nous retrouvons la famille Marcadier, et croisée à Puno passerons quelques jours très agréables en leur compagnie. Nous saluons l’enthousiasme, la patiente, la gentillesse de ce jeune couple, Nathalie et Fred parti dans une grande aventure avec leurs adorables 3 garçons : Evan, Matthis et Enzo. Quel courage, quelle ténacité que d’organiser chaque jour l’emploi du temps d’une telle tribu à l’autre bout du monde (site : http://www.tribu-marcadier.com). Nous espérons les retrouver sur notre chemin.

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Le camping nous permet de laisser le camping-car en sécurité et de partir à la découverte de la ville qui ne manque pas d’intérêts. Cuzco est une très belle ville coloniale construite en majorité sur les vestiges Inca. Partout, il reste des murs de pierres de plusieurs tonnes alignées impeccablement (voir la pierre aux douze angles), des ruelles très étroites dominées par de superbes balcons en bois sculptés ; on découvre la cathédrale baroque imposante qui trône sur la belle place des Armes, des dizaines d’églises aussi belles les unes que les autres, des quartiers pittoresques aux maisonnette blanches dans les petites rues escarpées, des marchés typiques alimentaires ou encore des échoppes d’artisanats locaux, des musées d’arts précolombiens, archéologiques, (etc) .

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Cuzco est magnifique, très riche en histoire, débordante de vie et située dans un site somptueux de montagnes « la vallée sacrée des Incas » dans lequel nous découvrirons bientôt le mythique Machu Picchu.

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En vrac :

Nous étions déjà « regardés » comme des extra-terrestres au Chili et en Argentine mais moins qu’ici ; le Pérou est beaucoup plus pauvre et nous y attisons davantage la convoitise, l’insécurité est bien plus évidente et nous faisons très attention Dès lors, nous préférons éviter de nous montrer avec le véhicule et nous promener à pied ; mais il est parfois difficile de trouver un stationnement sécurisé.

L’an dernier aux ruines de Sacsaywaman, forteresse Inca, un touriste a été tué parce qu’il refusait de donner son appareil photo.

Nous avons retrouvé Noémie et Valentin dans les rues de Cuzco et ils nous ont appris que 2 français avaient été pillés lors d’un braquage à l’arme à feu du bus dans lequel ils voyageaient de nuit (à proscrire).

Bon, nous pour le moment nous n’avons pas eu de problème avec la population que nous trouvons sympathique et souriante mais davantage avec la police qui tente de nous soutirer de l’argent. Exemple : à l’arrivée d’une ville, on demande notre chemin, un policier nous indique le parcours, nous faisons exactement ce qu’il nous dit, à la sortie de la ville on se fait arrêter, interdit de passer par là, amende de 270 NS soit 80 euros. On a refusé de payer et cette fois, ça a marché mais vu le nombre de fois où l’on est contrôlés ou arrêtés, on se demande si on sortira du pays sans payer une effraction imaginaire.

Les prix ne sont jamais affichés, il faut sans arrêt « négocier ». Le pain est artisanal et excellent. Dans les plats régionaux on trouve le cuy (cochon d’Inde), les brochettes d’Alpaga, l’anticuchos (brochettes de cœur de bœuf)etc. L’apéritif : Le pisco est servi avec du sirop de sucre + du jus de citron vert + glace pilée + blanc d’œuf en neige : le tout mixé et saupoudré de cannelle.

vendredi 14 janvier 2011

Arrivée au Pérou

Voilà nous entamons le Pérou et ne divulguerons pas tout car nous sommes en mission « repérage » pour Eric et Virginie qui nous rejoignent le 19 janvier.

Le pays a une densité de 22 habitants au kilomètre carré contre 110 en France alors qu’il est 2, 5 fois plus grand, vous pouvez donc imaginez les kilomètres désertiques que nous devons traverser avant de rencontrer âme qui vive. Des distances énormes de désert et de montagnes arides où vivent des vigognes sauvages et de rares fermiers cultivant beaucoup la pommes de terre et garants des anciennes coutumes, des éleveurs d’alpagas et de lamas, des gardiennes de troupeaux qui tissent la laine ; bref, des lieux où le temps semble carrément s’être arrêté il y a bien longtemps.

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Pourtant lorsqu’on atteint une ville, au début, c’est le choc : il semble qu’ici aussi la population entière s’agglutine dans les grandes métropoles où il est davantage aisé de gagner ‘sa croute’. C’est impressionnant d’entrer dans une de ces grandes citées ou tout est désordonné. : les touc-touc (mobylette taxi carrossée), les pous-pous (vélo à remorque à l’avant), les tricycles, les vieilles guimbardes, les pic up, les camions , tous circulent anarchiquement en traversant les rues commerçantes animées et en soulevant poussière, et créant un concerto de klaxons (la circulation fonctionne comme au Brésil, au tut tut), des publicités trônent partout et n’importe où, des poubelles sont répandues au milieu des ronds points où s’affairent des chiens affamés, des avenues bourgeoises coquettes au quartiers plus modestes construits de briques et de brocs tout contribue à créer un immense capharnaüm qui inquiète au départ. Ensuite, on rentre dans ce tumulte effréné et devant l’accueil et la gentillesse de la population, la beauté des monuments et des vestiges historiques, on s’empreigne et on reprend confiance. On se régale à regarder cette agitation, les étals parfois plus qu’étonnants, les gens vêtus des costumes traditionnels mêlés à ceux de la jeunesse moderne : le Pérou, en plus des paysages c’est un autre monde pour les coutumes, les traditions : c’est coloré et chaque ville recèle des trésors architecturaux (notamment des époques Conquistadors et Inca) incroyables.

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Nous avons passé notre première nuit, en bordure du Pacifique à Ilo, une de ces villes côtière assez bourgeoise où un colibri est venu butiner les fleurs d’ibiscus juste devant notre fenêtre (voir taille de la fleur pour imaginer la taille de l’oiseau : le plus petit oiseau du monde ou oiseau mouche) ; la deuxième à Yura, petit village aux sources thermales médicinales entouré de cultures pastorales ou nous avons été reçus royalement dans un restaurant fermé où on nous a servi le repas (juste pour nous 2) à la bougie (pas d’électricité) ; la troisième dans la grande ville de Puno près du lac Titicaca où nous préparons l’arrivée des enfants en nous adaptant à l’altitude (3800 mètres) mieux que notre camping-car qui fume énormément et peine à avancer et le système de gaz qui refuse de fonctionner (pas d’eau chaude ni de frigo). Peu importe la température est très agréable le jour et tombe pas mal la nuit. Aujourd’hui, nous sommes le 31 décembre 2010 et nous faisons le réveillon en bordure du lac Titicaca. Nous prenons un repas à base de poulet pané, frites et riz au restaurant local pour 2 euros et nous admirons la vue.

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Il faut imaginer Puno : des milliers de petites maisons à flanc de montagnes entourant et surplombant le lac Titicaca ; en fait, la ville forme un demi-cercle autour du lac. A minuit, les premières fusées sont lâchées et jusqu’à 1 heure et demi du matin du jour de l’an c’est spectaculaire : il semble que tour à tour chaque maison envoie ses fusées et la ville entière s’illumine ; Partout, des lumières multicolores éclatent dans un bruit assourdissant et la nuit scintille de milliers de feux : miraculeux. On se demande, comment dans un pays aussi pauvre la population peut se procurer tant de fusées d’artifice : est-ce la tradition ou est-ce le prix bas et les gens achète ça tout au long de l’année en prévision ou est-ce l’état qui « subventionne » ces achats, toujours est-il que le résultat est sublime, inoubliable : le plus grandiose des feux d’artifice que nous n’ayons jamais vu de notre vie.

Nous renouvelons à tous nos meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2011.

mardi 4 janvier 2011

Humberstone

De nombreuses villes abandonnées se trouvent sur la route désertique qui rejoint le Pérou. Ce sont les vestiges des industries minières qui florissaient avant l’apparition des engrais de synthèse. Dans les années 1940, Humberstone était une de ces villes pleine d’énergie où quelques 3000 mineurs exploitaient le nitrate.

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Elle a été pillée, n’est pas toujours entretenue mais, c’est émouvant de se promener dans ces rues et de découvrir les témoignages de la vie intense qu’elle a connue. La piscine construite avec le fer d’un bateau échoué, le théâtre où des starlettes internationales ont fait leurs premiers essais, la salle de danse où l’on imagine tourbillonner les amoureux, l’église bien restaurée, l’hôtel fréquenté à l’époque par les riches industriels, l’école primaire avec les petits bancs en bois et le pupitre du maître, le collège avec sa cours extérieure ombragée, les multiples maisons où trône les anciens poêles à bois, la résidence du directeur, l’administration, l’infirmerie et bien sur l’immense usine avec tous les bâtiments en fer : de l’extraction à la transformation en passant par le conditionnement et le transport, tous possèdent encore quelques machines ou ustensiles qui aident à reconstituer le travail accompli par les ouvriers de l’époque.

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La place publique où se déroulait le marché, les cours de tennis et de basket, les panneaux explicatifs cohérents et bien sur un musée où sont exposés de nombreux « souvenirs » comme photos, chaussures, cigarettes, produits de beauté, vielles machines à écrire outils divers et j’en passe, contribuent à faire de cette visite une journée inoubliable, une remontée dans le temps extraordinaire d’autant que nous étions seuls dans cette ville fantôme, placée au Patrimoine Mondial de l’Unesco en 2005.

lundi 3 janvier 2011

Jusqu’à la frontière du Pérou

La route qui quitte Calama en direction du nord, chemine un long moment entre des terrils grands comme des montagnes et l’on aperçoit les gros engins qui remontent le minerai de cuivre du trou gigantesque creusé dans le désert (4,5 km X 3,5 km X 850 m de profondeur) et surtout la poussière qui se soulève autour de cet immense chantier à ciel ouvert. Elle traverse ensuite le désert bordé d’un côté par des montagnes pelées et de l’autre par le sable et les rochers découpés jusqu’à l’océan pacifique. De touts petits villages côtiers vivent pourtant dans ces paysages désolés, certainement de la pêche ; un camion les ravitaille en eau potable et quelques panneaux solaires ou encore de petites éoliennes fournissent l’électricité. Nous passerons une nuit dans l’un de ces endroits qui semblent oubliés du reste du monde et y serons accueillis cordialement.

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Après cette sérénité et cette modestie nous serons stupéfaits en atteignant la ville tentaculaire d’Iquique. Casino, publicité abondante et farfelue, grands immeubles, nombreux marchands, parapentes partout dans le ciel, trafic routier intense et bruyant, belles constructions et baraquements misérables confondus, allée arborée et grandiose sur le front de mer, le tout dominé par une surprenante et grandiose dune de sable blond…Bref, trop pour nous, après la quiétude ; bien que sachant qu’il y a une zone franche dans le centre ville nous décidons très vite de partir de « ce tumulte » pour rejoindre Humberstone, notre prochaine étape.

Après Humberstone, nous avons découverts des paysages désertiques aux superbes couleurs et la vie foisonnante au fond des canyons ; une multitude de maisonnettes dont les habitants pratiquent l’élevage et la culture en bordure des rivières mais au milieu du désert, c’est surprenant. Nous nous arrêtons à la dernière ville chilienne avant la frontière, Arica. Grâce à Jean Jacques et Martine nous ne galérons pas car ils nous avaient indiqué « un squat » devant le club nautique. Nous nous installons, sympathisons avec le gardien du club qui nous assure de sa vigilance, et du coup nous allons au restaurant où nous faisons un super repas en bordure de l’océan.

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Le lendemain, nous achetons les formulaires de transit de passagers et de véhicule nécessaires pour passer la frontière péruvienne dans une épicerie à la sortie de la ville ; nous mettrons une 1 h 30 pour passer la frontière et il parait que c’est un record (en moyenne il faut 4 heures). Pour l’anecdote après les formalités policières, il faut pour se présenter à la douane, faire tamponner le formulaire ‘véhicule’ par 3 autres agents que l’on doit chercher parmi les nombreuses personnes présentes sur les lieux (encore plus difficile lorsqu’ on ne parle pas l’espagnol). Lorsque l’on trouve le premier agent, il appose son tampon sur le papier qu’on lui montre sans poser aucune question ni regarder le véhicule et puis on part à la recherche du deuxième (même scénario) et du troisième (qui fait exactement pareil) …Remake de la maison des fous dans Les douze travaux d’Astérix ?

Ouf, nous rentrons au Pérou pour le 1er de l’an 2011.

dimanche 2 janvier 2011

Calama

Depuis San Pedro d’ Atacama nous longeons le désert avec en arrière plan les hauts volcans et du sable, des dunes, des concrétions sous une chaleur écrasante.
Arrivés à l’embranchement qui mène au salar de Chaxa où viennent se nourrir des centaines de flamants roses, nous renonçons à cette soixantaine de kilomètres de piste et rebroussons chemin en direction Calama.

Dès notre arrivée, nous rencontrons Eliane et Jean Michel, dont Martine et Jean Jacques nous avaient raconté les périples à Cafayate. Nous sympathisons immédiatement avec ces jeunes retraités venus en Amérique du Sud pour réaliser le rêve de petite fille d’Eliane : participer au marathon de New York ; ils ont eu de nombreux déboires depuis leur arrivée, le dernier étant le vol de leur camping car en pleine ville et en plein jour ; ils l’on retrouvé 15 jours plus tard « saccagé » mais heureux et Jean Michel , super bricoleur l’a remis en état pour continuer le voyage ; bien sur, ils ont du tout racheté et y ont laissé leurs économies mais ce petit brin de femme adorable et son charmant mari ne manquent ni de volonté ni de courage. Nous passerons ensembles un super réveillon de Noël malgré l’absence de nos familles respectives et le père Noël portera même des cadeaux pour nous quatre.

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La ville de Calama est assez importante et on y trouve quasiment tous les services. Elle tourne en fait autour de la mine de cuivre, l’une des plus importante du pays. Les garçons ont fait des parties de pétanques et y ont même initiés deux chiliens de passage. Evidemment en période de fêtes, nous avons pu arpenter le marché de Noël, découvrir une grande surface très bien achalandée, apprécier les orchestres de rue ; Nous sommes restés 6 jours (une première) dans le camping ombragé, installés sous d’immenses poivriers avec l’ eau, l’électricité, le Wifi et même une machine à laver à disposition mais surtout en compagnie de nos voisins français. De plus, nous étions accompagnés des 6 ou 7 chiens du propriétaire qui étaient particulièrement gentils, et de quelques lamas gourmands.

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Nous étions tristes de quitter Eliane et Jean Michel qui devraient recevoir leur démarreur ce jour même mais il faut bien continuer le voyage d’autant que bientôt notre fils et notre belle fille nous rejoindrons à Cuzco. Nous nous promettons de rester en contact et de se retrouver un jour en France.

jeudi 30 décembre 2010

De Tilcara au Chili

Nous avons eu un petit orage à Tilcara qui nous a fait du bien parce qu’il a « régulé » un peu la température car bien que nous soyons en altitude, l’air était très chaud depuis quelques jours.

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Dans la matinée, nous prenons la route qui rejoint la frontière du le Chili par le paso de Jama à 4170 mètres. Elle monte sinueusement jusqu’à 4655 m, parmi des hauts sommets désertiques aux teintes orangées, passe des vallées tantôt roses tantôt ocres, coupe des hauts plateaux blancs de sel : les salinas*, puis des étangs bleus turquoises où se régalent les flamands roses et viennent s’abreuver les vigognes ; en chemin on croise aussi des gardiennes de troupeaux de lamas vêtues de couleurs vives et des minuscules habitations en pisé entourées de cultures verdoyantes (etc). Une palette de couleurs, une immensité, c’est simplement somptueux, géant, certains (que nous connaissons) diraient ENORME. Afin de nous adapter à l’altitude qui provoque des essoufflements et des maux de tête, nous redescendons jusqu’à 3600 m dans le petit village de Susques et dormons devant un petit restaurant au milieu des chèvres et des lamas.

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Le vrac :

  • Le sel phénomène géologique à plus de 3500 m du niveau de la mer : les hautes montagnes captent la pluie, la forte activité volcanique charge en minéraux les eaux de ruissellement et les fait remonter à la surface des hauts plateaux sous forme de lagune. L’évaporation due à la chaleur tropicale donne le salar.

Le camping-car souffre dans ces altitudes et perd de la puissance, il fume énormément et parfois nous inquiète. On le bichonne (il faut changer très souvent les filtres d’air et de gas oil). C’est tellement beau qu’on ne trouve plus d’adjectifs pour qualifier les paysages, il faut voit ça comme c’est « superbe », les couleurs surtout et « grandiose ».
On est le 23 décembre, il fait chaud et pourtant ici Noël se prépare comme en Europe ; les sapins sont illuminés la nuit et dans les petits villages les cloches sonnent des airs de minuit chrétien, des airs de Noël comme chez nous, loin de chez nous …et pourtant avec la même ferveur, le même enchantement des enfants.
Nous ferons le réveillon de Noël avec Jean Jacques et Eliane, jeunes retraités a qui il est arrivé pleins de misères (notamment le vol de leur camping retrouvé abîmé et complètement vidé) mais qui continuent leur voyage malgré tout en relativisant les mauvais moments.

BONNES FETES A VOUS TOUS.

samedi 25 décembre 2010

Retour Chili Nord

Comme il est surprenant ce désert d’Atacama que l’on découvre à si haute altitude. Cette immense surface aride (la plus aride du monde) cernée de volcans offre des vues sublimes aux nuances de couleurs extraordinaires.

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Nous faisons une halte à San Pedro d’Atacama, oasis dominée par le Licancàbur qui culmine à 5916 m. Le village est assez pittoresque avec de jolies maisons en adobe, une petite église : L’églesia San Pedro. De style colonial, elle date du 17ème siècle et fut donc construite dans la pure tradition régionale avec de larges murs et le toit en briques d’argile liées avec de la paille et séchées au soleil, un plafond en bois de cactus relié par des lanières en cuir ; elle est peinte en blanc et bleu, très jolie. Par contre, la ville a perdu une grande partie de son authenticité en laissant les commerces, agences (etc) s’installer à profusion (on compte dans ce tout petit village une cinquantaine d’enseignes d’agences d’excursions !).

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Nous laissons le camping-car dans un camping au milieu de la ville et prenons un mini bus pour aller visiter les Geisers de Tatio car la piste est impraticable avec notre véhicule. Une grande émotion (supplémentaire) que de découvrir à l’aube glaciale toutes ces fumeroles blanches qui montent vers le ciel, ces bouillonnements, ces jaillissements et ces petites éruptions à 4300 mètres d’altitude. Le Tatio est le plus haut champ de geysers du monde et le plus célèbre. On se promène à travers les colonnes de vapeur, en admirant les sculptures et les couleurs laissées par les évaporations, jusqu’au lever du soleil qu’étonnamment on attend avec impatiente pour se réchauffer.

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Un peu plus loin, on regarde quelques touristes se baigner dans les bains chauds puis nous partons dans un village typique où certains goûterons des brochettes de lama. Personnellement, nous préférons garder l’estomac vide pour redescendre par la piste cahotante jusqu’à la vallée. Notre prochaine destination : Calama

mercredi 22 décembre 2010

Piste 40

Nous reprenons la route 40 ou plutôt la piste devrais-je dire car il ne reste plus beaucoup d’asphalte sur cette nationale où parfois il faut même traverser des rivières ; nous empruntons un petit col entre Puerto Alegre et Chilecito qui mérite tous les honneurs tant les paysages y sont magnifiques. La piste montagneuse et sinueuse qui atteint un peu plus de 2000 mètres, expose un panorama merveilleux de montagnes tantôt vertes, ocres, blanches, grises et rouges, couvertes de cactus et autres plantes grasses fleuries, d’arbustes et de végétation aux tons verts lumineux dominant un canyon profond où serpente le rio Miranda. Vraiment sublime, toutes ces couleurs qu’on en oublie l’état de la chaussée. On croise Vincent et Bertold, qui eux aussi se régalent d’autant qu’il souffle un petit vent frais très agréable.

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Nous finirons la balade à San Florentina à la sortie de Chilecito dans le site d’une ancienne mine de chercheurs d’or où nous passerons deux nuits seuls parmi les perroquets criards avant de repartir vers Salta où nous croiserons une nouvelle fois nos deux cyclistes entre Pituil et San Blas. La nationale 40 redevient asphaltée mais « défoncée » pour longer la route des vins où nous ferons une nouvelle halte dans le camping de Cafayate afin de goûter le vin blanc de Torrontes réputé le meilleur du pays avec une excellente parilla !

Nous sommes à 1660 mètres et pourtant il fait très chaud ici dans la vallée. Nous faisons la connaissance de Martine et Jean Jacques, deux sympathiques savoyards avec lesquels nous partagerons un repas et plein d’informations puisque nous faisons la route quasiment en sens inverse.

La nationale 68 qui mène à Salta offre de beaux paysages et nous prenons le temps de faire de nombreuses haltes : promenades dans les montagnes qui surplombent la vallée aride, ou dans les formations rocheuses dont les couleurs sont extraordinaires, un arrêt aussi devant des centaines de nids de perroquets où nous avons écouté leurs cris spéciaux ou devant les arbres »bouteilles », les poivriers (Merci à Martine et Jean Jacques pour leurs descriptions car nous ignorions que le poivrier était un aussi grand arbre et nous serions donc passés à côté sans le voir).

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Arrivée en soirée à Salta, nous marchons dans les rues où il reste quelques demeures coloniales, des balcons en bois, des grilles en fer forgée travaillées, des charmants patios mais la température est étouffante et comme nous devons y repasser au retour nous décidons de quitter la ville très animée pour longer la 34, dite ‘route de la corniche’ ; c’est une petite route étroite qui sillonne en suivant le cours d’une rivière où il semble qu’une grande partie de la population de Salta vient se rafraîchir. Elle monte ensuite en lacets et traverse une forêt étonnante d’arbres immenses dont on ignore le nom mais sur lesquels poussent des plantes grasses, s’enroulent des lianes, retombent des fougères (arbres tropicaux ?) et des touffes d’herbes de pampa où désormais les plumets sont ouverts. Magnifique. Nous trouverons, juste en bas du col, un petit camping municipal tout près d’un barrage à 8 pesos la nuit électricité comprise, où l’on a bien cru ne pas pouvoir s’endormir tant les chants des cigales y étaient stridents.

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Le lendemain, nous avons emprunté l’itinéraire conseillé par nos deux amis savoyards où l’on passe la ligne de MON tropique du Capricorne : un aller retour d’environ 160 km depuis San Salvador de Jujuy à travers à nouveau un site sensationnel où les couleurs sont magiques. Le rio Grande à cette époque de l’année coule en un filet d’eau limpide qui serpente à travers la Quebrada Humahuaca. On a apprécié les paysages majestueux, le panel de teintes qui colore les paysages, les diverses cultures obtenues à l’aide des méthodes traditionnelles, les nombreuses maisonnettes en pisé avec leur réserve d’eau, leur four extérieur, les villages typiques d’Humahuaca et de Tilcara, les premières ruines Inca dans cette région peuplée essentiellement d’Indiens et où perdurent les traditions (costumes, fêtes), l’accueil chaleureux des habitants dans des endroits si isolés et où la vie est très rude ; une ballade dans le temps, un côté authentique, une sérénité naturelle.

Nous passons la nuit à 2650 mètres, car le prochain passage de la frontière est 4230 m, il faut progressivement s’adapter à l’altitude. On s’est acheté des feuilles de Coca interdites par la loi mais conseillées par tous pour éviter le mal des montagnes. Rassurez-vous nous n’en apprécions pas le goût !

jeudi 16 décembre 2010

Les vallées de la Lune et de Talampaya

Nous reprenons la route 40 et bifurquons sur la 141 pour rejoindre le « Lourdes Argentin », L’Oratorio de la Difunta Correa. Lieu de culte où l’on aurait retrouvé la mère morte avec son enfant tétant encore son sein. Des milliers de pèlerins argentins et de tout le continent américain viennent ici faire une prière, accrocher une photo, un objet (parfois très insolite), un message, un remerciement, etc . Les camionneurs y ont déposé des centaines de plaques d’immatriculation, des pièces mécaniques (est-ce parce qu’ils conduisent inconsciemment) ; Une ferveur populaire intense et touchante, qui symbolise la force de l’espoir.

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Comme nous souffrons de la chaleur, nous consultons carte et guides afin de trouver un coin aux températures « tolérables » et décidons de passer par San Augustin de Valle Fertil. Aux environs des parcs ‘désertiques’ ce petit havre de verdure semble incongru mais ici la nature est tellement variée que cela n’a rien d’étonnant. Nous nous installons dans un camping à l’ombre des eucalyptus et avons l’heureuse surprise de retrouver Noémie et Valentin, les deux jeunes stoppeurs que nous avions pris au début de notre périple avant d’aller à Punto Tombo. Comme nous allons au même endroit, nous décidons de faire ensembles la route jusqu’à « La vallée de la lune » le lendemain matin. Peu après notre réveil, Vincent, un jeune Belge vient demander à Michel la possibilité de l’amener avec son copain Hollandais Bertold jusqu’au parc Ischigualasto avec leurs deux vélos et leur matériel !!! Le camping-car sera hyper chargé mais devant la chaleur accablante qui s’annonce nous acceptons de les amener aussi. Nous sommes donc 6 dans le camion avec les vélos sur le toit et tous les sacs à dos dans la cellule ! Cependant, on ne regrette pas ; ce sont des rencontres extraordinaires, celles qui ne s’oublient pas et qui laissent des souvenirs merveilleux.
Ce parc, au nom imprononçable qui abrite la vallée de la lune « Terre sans vie » en quechua se visite en convoi accompagné d’un guide dans le 1er véhicule mais à l’accueil on nous informe que le chemin est chaotique et que certains endroits à passer sont très difficiles voire impossible ; Vincent va demander aux véhicules qui attendent pour la visite de nous prendre et trouve deux voitures qui acceptent chacune 3 passagers. La visite dure environ 3 heures et comporte 5 arrêts commentés par le guide. On avance entre une chaîne de montagne et une barre rocheuse rouge dans un paysage de plus en plus désert où résiste une rare végétation de caroubiers et cactus à travers des formations abracadabrantes, des fossiles végétale et animale. Le ruissèlement des eaux, les dépôts successifs de sédiments de glaise, de cendres volcaniques, de pierres friables rouges ont donné des formes et des couleurs surnaturelles.

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Mais, il fut un temps où vivaient effectivement ici, des dinosaures et leurs proies, un temps aussi où l’eau coulait en abondance dans une végétation luxuriante ; mais c’était avant l’apparition des Andes, avant le grand choc des plaques tectoniques, avant le bouleversement climatique. Au retour, tous épuisés par les 42° de température et rouges de coups de soleil, nous avons visités le petit musée où sont exposés les fossiles de dinosaures et les photos de leur extraction par les paléontologues.
Vincent et Bertold ont préféré « remonter » les vélos sur le camping-car et nous accompagner jusqu’au parc de Talampaya qu’ils avaient déjà visité afin de remonter en scelle dans la soirée pour continuer leur ascension vers le nord. Nous sommes donc repartis tous les 6 et le chargement complet jusqu’au parking/camping à l’entrée du parc. Le vent bien que chaud a été le bienvenu et nos deux cyclistes nous ont quittés en pédalant après la photo de groupe et les échanges de messageries. A bientôt, vous deux ; nos itinéraires se croiseront certainement encore et ce sera avec plaisir.

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Le soir, nous avons passé une excellente soirée avec Noémie et Valentin avant de nous retrouver le lendemain matin dans le mini bus du parc qui transporte les visiteurs. Une ballade spectaculaire dans un canyon de grés rouge qui présente une faille énorme de chaque côté des falaises, des formes impressionnantes de cathédrales, d’orgues, des cheminées géantes qui font ‘caisse de résonnance’, des formations rocheuses qui ressemblent bizarrement à des animaux, à des moines, ou à tout ce que l’imagination peut nous soumettre ; au cours de la promenade on admire aussi des pétroglyphes et des mortiers aborigènes, la végétation qui subsiste malgré les température élevé mais qui prouve que l’eau est encore présente en dessous, les nids des condors dans les immenses falaises (j’ai pas encore pu photographier un condors mais j’ai vu les fientes sur la falaise !), et quelques lièvres de Patagonie qui regardent tranquillement passer le véhicule. Magnifique. Au retour, 6 ou 7 petits renards quémandaient de la nourriture sur le parking. Bien que « sauvages » et peureux ils n’hésitent pas à s’approcher des hommes et à manger du pain. Il est vrai que ceux là particulièrement ne vivent pas dans un endroit ‘achalandé’.

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Voilà, c’est le moment de quitter Noémie et Valentin qui vont désormais vers la côte Pacifique tandis que nous continuons notre montée vers Salta. Mais nous sommes convaincus de les revoir bientôt ou au moins d’avoir de leurs nouvelles par notre copain Gmail.

mercredi 15 décembre 2010

Après Valparaiso

Nous continuons à monter et nous arrêtons quelques jours à Los Andes, dans un agréable camping dans les contreforts andins, juste avant la frontière argentine. Nous sommes seuls avec trois chiens de garde, au milieu d’une pelouse arrosée en permanence, nous captons Wifi, nous avons toutes les commodités à une centaine de mètres et pour 3 euros par nuit !

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La route 60 traverse la vallée de l’Aconcagua, passe la frontière chilienne et atteint la région de Mendoza en offrant des paysages magnifiques aux couleurs exceptionnelles. Un joli col grimpe en 29 lacets pour atteindre la plus chique et la plus réputée des stations de ski chilienne : Portillo, juste avant le poste frontière (3185 m) dominé par l’Aconcagua, surnommé « Le toit de l’Amérique » avec ses 6959 mètres d’altitude. Elle longe ensuite les plus hauts sommets d’Amérique dont l’impressionnant volcan Tupungato qui veille sur le petit cimetière où reposent les alpinistes morts dans les sommets andins, Los Pénitentes, énorme barre de pitons rocheux et tant d’autres monts aussi majestueux en suivant le cours tourmenté du rio de las Cuevas a la couleur brique.

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Nous faisons une halte à la ‘Puente del Inca’, arche naturelle de sel pétrifié qui se couvre des couleurs ocre et orange des sédiments sulfureux des eaux chaudes de la rivière. Dommage qu’il reste encore des ruines d’une ancienne station thermale détruite par une inondation (peut-être un signe de la nature pour sa profanation), car ce pont est une véritable merveille de la nature, seulement aidée il y a quelques centaines d’années par les Incas qui ont canalisé les eaux volcaniques. Nous y avons connu notre premier essoufflement dû à l’altitude : on respirait comme après un effort alors que c’était le manque d’oxygène !

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Nous regretterons la fraîcheur qui règne en altitude lorsque nous atteindrons la région de Mendoza ; en effet bien que cernée de hauts sommets la plaine, couverte essentiellement de vignes est écrasée sous un soleil brulant et il n’y a pas un brin d’air. Nous pensons à vous, de l’autre côté du continent qui ressentez les affres du froid ! Nous serons gentiment reçus dans une propriété vinicole et passerons la nuit au bord des cépages, éclairés par des dizaines de lucioles zigzagantes.
Au matin, lorsque nous quittons la propriété, la chaleur est déjà présente. On s’inquiète, car même les argentins s’étonnent de cette brusque et forte vague de chaleur et notre itinéraire prévoit des zones désertiques dans les journées à venir.

vendredi 10 décembre 2010

Valparaiso

Nous avons volontairement évité Santiago, capitale du Chili mais surtout gigantesque métropole surpeuplée afin de privilégier Valparaiso, « La Perle du Pacifique ». Après San Antonio, la ville reste surtout grâce à la présence de la Marine Nationale, un important port de la côte Pacifique chilienne. Elle comporte deux parties distinctes : la ville basse et plate où sont installés les quartiers d’affaires, les commerces, les nombreux transports bus, métro, tramways et où règne une animation permanente jusqu’au petit matin. On peut voir la place Sotomayor dominée par la bâtisse bleue du Centre de commandement de la Marine et longer l’avenue principale en bord de mer qui traverse Viña del Mar, lieux privilégié pour les plaisirs de la plage où fleurissent les locations touristiques.

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Les funiculaires montent les pentes abruptes des montagnes pour atteindre l’autre ‘ville’ plus calme, celle des quartiers (dont certains sont très pauvres) aux constructions anarchiques très colorées, dans les ruelles sinueuses et grimpantes qui surplombent la baie. Nous nous sommes régalés de prendre ces impressionnants ascenseurs dont le plus ancien date de 1883, qui montent et qui descendent des parois parfois très raides en profitant des vues imprenables sur la ville et son port, de marcher dans ces minuscules rues où foisonnent en cette saison les bougainvilliers, les géraniums et d’admirer les créations des artisans qui s’y sont installés ; Pablo Neruda qui possédait ici une maison a-t- il inspiré les pulsions artistiques qui s’exhibent sur chaque mur, dans chaque recoin ? Sculptures, peintures, tags aux couleurs vives, décorations diverses donnent à ces quartiers une âme bohême. De plus, la ville est en grande partie recouverte de fils et câbles électriques entremêlés (à rendre fou un électricien) qui leurs donnent un cachet « vieillot » supplémentaire et sympathique.

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Mais elle porte aussi les marques terribles des séismes ; beaucoup d’édifices se sont effondrés ou ont été très endommagés et de nombreux chantiers sont en cours de restauration. Nous avons d’ailleurs, passé la nuit en plein centre de Valparaiso (pour 4000 pesos =environ 6 euros) dans un parking sécurisé du quartier Matriz, dans les ruines d’un ancien bâtiment dont seuls les murs tiennent encore debout. Là encore, accueil chaleureux des propriétaires, conseils et honnêteté dans un quartier pourtant dit « sensible »… Valparaiso mérite sincèrement l’Oscar de la ville la plus pittoresque du Chili que nous ayons vu jusqu’à maintenant.

mardi 7 décembre 2010

La côte Pacifique

Nous quittons Cobquecura pour longer la côte Pacifique.
La route s’arrête momentanément et laisse place à une vingtaine de kilomètre de piste « toboggan » ultra poussiéreuse qui traverse des paysages reposants de campagne où se cultivent les papayes et les pommes de terre, s’élèvent vaches, moutons, cochons mais tout juste au bord de l’océan ; tout le long de la côte, la mer n’est pas beaucoup exploitée, quelques pêcheurs avec leurs longues barques qui se risquent par ci, par là, pour ramener plus de crabes que de poissons … des surfeurs profitant des belles vagues mais pas de « complexes touristiques », de restaurants à profusion, de commerces ni de constructions à outrance ; les gens vivent chez eux, tout simplement même en bordure des sites somptueux que borde le Pacifique.
En tout cas, c’est la première impression que nous avons eu en découvrant cette région magnifique. Car, sans le savoir, nous avons emprunté la route côtière entre Conception et Constitution où le dernier séisme de début 2010 (février/mars) a semé la dévastation car très peu de constructions même récentes, répondent aux normes antisismiques. Ce n’est que lorsqu’on rentre dans les villages qu’on découvre une multitude de ruines, des maisons fendues, des façades lézardées, des toits arrachés, des restes de chapes, des routes éclatées ou totalement coupées.

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Le tremblement de terre, les fortes répliques, le tsunami qui a suivi, ont occasionnés des dégâts immenses qui encore aujourd’hui restent considérables. Beaucoup de chantiers mais avec les moyens du bord, des familles relogées dans des grandes tentes ou des chalets de bois couverts de bâches plastifiées, des plages inondées de planches, d’épaves de bateaux, de filets, de résidus de toutes sortes témoignent de la violence de l’événement. Nous sommes presque 9 mois après et pourtant nombreux sont ceux qui encore aujourd’hui pleurent leurs disparus, luttent pour leur survie, reconstruisent leur vie en sachant sciemment qu’il plane en permanence au Chili, la menace de nouveaux séismes.

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Nous avons passé une nuit dans le minuscule « port » de Pellines dans la zone fortement atteinte par le tsunami et nous avons été touchés par le fatalisme de ses habitants, leur extrême gentillesse et l’entraide qu’ils se prêtent mutuellement. Les pêcheurs partent tôt le matin sur de grandes embarcations qu’ils poussent dans les vagues et en fin d’après midi ils remontent sur la plage( tirés par un tracteur) pour trier leurs filets, les femmes font sécher les poissons en les pendant au soleil, les enfants jouent au milieu des décombres et parmi les croix commémoratives qui rappellent que certains ont perdu la vie, les chiens, les oiseaux de proie, les mouettes et les pélicans cherchent leur nourriture : et la vie ici, continue doucement son cours.

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Ainsi, en continuant notre montée vers Valparaiso, nous avons pu regarder les surfeurs devant la plage de Pichilemu, station balnéaire très prisée des chiliens et passer des heures matin et soir, à observer les mises à l’eau des barques de pêches et les retours spectaculaires où les embarcations viennent s’échouer volontairement sur le sable. Un peu plus loin, la petite ville de San Antonio, nous a offert l’occasion de contempler les pélicans à l’affut de proies faciles et une colonie de lions de mer qui mendie derrière le marché aux poissons.

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A Quintay, merveilleuse petite crique aux maisons colorées accrochées aux pans de la montagne, nous avons visité la fondation de protection des baleines installée sur les lieux mêmes où il a peu de temps encore on les massacrait par milliers pour en extraire essentiellement l’huile.

En vrac :

Pour se rendre dans la crique de Quintay nous avons emprunté « une descente » tellement abrupte qu’une fois en bas on a eu peur de ne pas pouvoir la remonter. Le gardien des lieux nous a accueilli en levant les bras au ciel et en nous disant avec humour que l’aéroport était à Santiago ! Il n’avait jamais vu un camping-car dans la crique. Le Chili est un pays tout en longueur entre Pacifique et Cordillère des Andes si bien qu’en quelques kilomètres les paysages peuvent changer du tout au tout Le peuple chilien cultive l’hospitalité et la prévenance envers ses visiteurs.
Les cactus sont immenses et actuellement en fleur, nous allons vous envoyer une sélection de différentes races de plantes grasses (pas toutes, c’est impossible) qui existent ici car elles sont superbes.
Quelques prix qui vont vous faire ‘rêver’ : le pain (très bon au Chili) entre 15 et 25 centimes d’euro suivant la grosseur ; nous avons trouvé les pommes de terre à 1euro les 10 kg, les tomates à 40 centimes d’euro, le vin (excellent !) moins d’un euro le litre, un steak haché 50 centimes d’euro…bref, ça fait moins peur quand on fait les courses !
La mayonnaise, les confitures, les sauces tomates ….sont fréquemment vendues en sachets
La bise se fait sur une joue
Les fêtes se préparent ici aussi….ça nous fait drôle de voir le père Noël vêtu avec son habit traditionnel alors qu’ici c’est l’été…On ignore si dans la chanson chilienne il lui conseille de se déshabiller avant de venir.

lundi 6 décembre 2010

Cobquecura

Dans un autre temps :

Notre nouveau retour au Chili, motivé par une envie irrépressible de voir le Pacifique, nous a conduits à travers des paysages fantastiques, multiples ruisseaux, petites cascades, étangs, verdure et fleurs magnifiques… Empruntant, la fameuse route nationale 5, dite la panaméricaine "route la plus longue du monde", puis bifurquant sur une petite départementale qui mène à l’océan depuis la petite ville de Curacautin, région d’exploitations forestières.
Nous avons été très surpris de voir à nouveau dans ce petit col, bordé de plantation de sapins, traverser d’énormes araignées, et puis soudain le bleu du ciel ne fait plus qu’un avec celui de la mer. C’est ainsi qu’on découvre, au hasard, la petite bourgade de Cobquecura, où subsistent les ruines de maisons traditionnelles en pierres séchées que le dernier tremblement de terre a détruit ; désormais des maisonnettes en bois les ont remplacées et partout le sens de « repli » en cas de tsunami est indiqué sur des panneaux mais le village reste charmant et tranquille, la plage est immense, désertique et à une cinquantaine de mètres du bord, sur des rochers , une énorme colonie de lions de mer s’est installée.

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Dans ce petit coin de paradis, pas de stress, la vie se déroule paisiblement, les paysans ont gardé les méthodes ancestrales ( coupe du blé à la faux) et nous reçoivent avec une hospitalité naturelle très touchante ; les quelques véhicules qui circulent nous dépassent tranquillement, sans aucun signe d’énervement alors que nous roulons parfois très lentement pour profiter du site ou d’une scène de vie, les commerçants nous indiquent sans problème un concurrent afin que nous soyons au mieux satisfaits, chaque habitant nous salue aimablement. Nous avons assisté au ramassage des pommes de terre à l’aide d’un attelage de vaches et d’une authentique charrue en bois !

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Nous avons ensuite acheté (on voulait même nous les offrir !) ces délicieuses patates dont une seule qualité peut se manger en frites, bouillie, au four, comme chez nous, il fut un temps !
Nous ne regretterons pas les 20 kilomètres de piste que nous serons obligés d’emprunter par continuer notre chemin.

vendredi 3 décembre 2010

Centre Chili

Après avoir traversés le parc Lanin aux montagnes dénudées nous arrivons à Junin de los Andes « capitale de la truite » où nous retrouvons avec grande joie Terence et Mathilde, 2 des 4 jeunes en camping car déjà croisés plusieurs fois. Ils ont eu le courage de prendre la piste tandis que nous retournions sur la RN3. Mathilde nous offre un bon café et nous évoquons "l’aventure" de la route 234 qu’ils doivent eux-mêmes emprunter. Passeront-ils, ne passeront-ils pas ? On le saura lors de notre prochaine rencontre où nous leur avons promis un tour de canoë !
Nous irons ensuite jusqu’à Zapala traversant des zones désertiques qui nous rappellent les paysages Tunisiens, et, en bordure de la Laguna Blanca où gambadent librement de nombreuses chèvres, ferons connaissance avec Nathalie et Magalie, deux jeunes femmes très sportives et courageuses qui parcourent comme Huguette et Aldo (qu’elles ont d’ailleurs rencontrés) le pays en vélo !

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Nous repassons la frontière Chilienne dans le col de Pino Hachado au milieu d’un décor fantastique de montagnes volcaniques parsemées de pins du Chili et couvertes de fleurs multicolores, déchirées par de profonds canyons verdoyants au fond desquels coulent des rivières autant fougueuses que limpides. Tout en fond les volcans enneigés de Tolhuaca et Longuimay surplombent ces vallées grandioses où vivent sereinement quelques agriculteurs et éleveurs dans de douillets villages aux minuscules églises en bois et dont les habitants restent fidèles aux vieilles traditions (chars à bœufs, tricycles, attelage de chevaux, vendeurs de bonbons ambulant….) On revoit en direct la vie de nos grands-parents hors de la société actuelle de consommation à outrance.

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En vrac :

Le chauffage marche quand il veut (des fois il fait bon et il se déclenche mais quand il fait frisquet, il s’arrête. Mais pas d’inquiétude ici c’est le printemps. Preuve en est des champs de cerisiers, des fleurs de toutes sortes et des températures de plus en plus agréables.
A la laverie de Zapala on a payé 25 pesos soit environ 5,50 euros pour 2 machines à laver (linge lavé, séché et repassé !)

Depuis notre arrivée nous « subissons » les contrôles sanitaires en changeant de région en Argentine et aux passages de la frontière Chilienne. Souvent on jette les restes ‘bannis’ comme légumes, viande…. Lors du dernier passage au Chili, comme nous avions déclaré transporter de l’alimentation, on nous a juste « confisqué » les 24 œufs que j’avais achetés et mis au frigidaire dans l’espoir de faire crêpes, omelettes ou pain perdu, les œufs sont aussi interdits ! donc pas d’amende mais plus d’œufs non plus ! Les autres voyageurs rencontrés nous ont « conseillé » de trouver des « planquettes sûres». J’ai donc caché quelques aliments interdits avant de repasser au Chili mais lors de la fouille particulièrement "pointilleuse" j’ai failli faire une crise cardiaque. J’ai eu trop peur et Michel ne flambait pas non plus ! fini les cachettes et tant pis pour le gaspillage !

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Vous pouvez voir le panneau des dos d’ânes(ss) en Amérique du Sud. Il existe une version avec 4 bosses, mais jusqu’à maintenant j’ai toujours raté les photos tellement ça saute !

mardi 30 novembre 2010

San Carlos de Bariloche

San Carlos de Bariloche ressemble à la Suisse avec des panoramas fantastiques sur les lacs bleutés aux pieds des montagnes où la neige est encore bien présente. L’hiver, est la ville de départ privilégiée pour la meilleure station de ski du pays, Cerro Catedral, mais elle offre en toutes saisons un panel d’activités de plein air non négligeable : rafting, canoë sur les rios tumultueux Limay et Manso, pêche à la mouche en rivière, pêche traditionnelle dans les lacs, équitation, randonnées … Elle est aussi la capitale argentine du chocolat dont une spécialité ‘le chocolate en rama’ ne se trouve pas en Europe et croyez nous c’est dommage car c’est excellent ! On trouve aussi devant les plus beaux points de vue un photographe qui propose de vous photographier avec un Saint Bernard. Bref, de grandes similitudes avec les Alpes !
La ville en elle-même présente un mélange de styles pas toujours esthétique avec des immeubles, des petites maisonnettes en tôle, des façades en pierres, mais tout en bordure du lac Nahuel Huapi, vestige glaciaire de 100 kilomètres de longueur, on peut voir de superbes chalets en bois au milieu des forêts verdoyantes, dans des parcs magnifiques où les fleurs sauvages resplendissent.
Nous passons trois nuits dans la petite anse de Llao Llao en bordure d’une petite plage, tout près des bois et nous partirons pour de jolies ballades jusqu’aux miradors qui surplombent le site. Nous avons même découvert au hasard d’une escapade un minuscule cimetière au pied du mont Cerro Lopez et face à une joli cascade, en hommage aux morts en montagne ; épitaphes émouvantes, lieu insolite, moment d’émotion intense.

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Emission « Les routes de l’extrême » Les Castabonnel sur la RN 234 !

Le guide du routard conseille de passer par la route dite des 7 lacs pour admirer des paysages fabuleux. Forts de ces bons conseils nous nous sommes engagés sur la piste la plus « extraordinaire » que nous n’avons jamais empruntée. Il est vrai qu’à l’entrée de la bifurcation, il était noté manuellement à l’envers d’un panneau de signalisation, à la peinture ‘transito cerrado’ mais notre côté de circulation n’étant pas barré et un fourgon argentin nous précédant.
Les paysages sont certes, charmants mais il a été difficile de leur consacrer toute notre attention tant l’état général de la chaussée était ‘détérioré’ ! Nous avons, de plus, rencontré pas moins de 4 chantiers de travaux sur les 50 kilomètres impliquant des passages très chaotiques sur des cailloux acérés, trous et bosses dans tous les azimuts, franchissement en bordure de précipice (avec comme sécurité des bambous plantés dans le talus et un petit nœud de ruban rouge et blanc), monticules à contourner, à éviter et rester bloquer plusieurs heures afin que les pelles mécaniques ne rebouchent les tranchées.

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Du coup, après une telle aventure, nous nous sommes pour la première fois installés dans un camping dès notre arrivée à San Martin de los Andes, histoire de nous remettre un peu de ces émotions agitées en nous faisant une excellente parilla !

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